Le succès est-il égoïste ?

Dans le monde du travail, nous sommes souvent amenés à entrer en concurrence avec nos pairs et si on veut qu’une carrière professionnelle se développe, nous sommes obligés de viser un certain succès. Un chirurgien souhaite que ses opérations soient réussies, un professeur que ses cours marchent bien, un vendeur espère augmenter ses ventes et obtenir des clients aussi nombreux que satisfaits, une infirmière se réjouit de la reconnaissance de ses patients. A l’inverse, que penserions-nous d’un kiné insensible à nos progrès, d’un avocat qui nous dirait être indifférent au fait de gagner ou de perdre notre cause, d’une startup qui ne rêve pas de décrocher la lune ?

Notre bonheur et notre motivation au travail sont donc, pour une bonne part, liés à notre capacité de réussite et de succès. Au point que l’on peut en venir à vouloir le succès pour lui-même. La réussite s’accompagne en effet de la considération sociale, d’une augmentation de nos revenus, d’une plus grande garantie de conserver un emploi et donc de pérenniser le succès et ainsi de suite : c’est le cercle vertueux de la réussite.

Cependant, on peut aussi se méfier du succès. Vaut-il la peine d’être poursuivi pour lui-même ? N’est-il pas égoïste, une façon de se chercher soi-même, de se faire valoir, d’obtenir la reconnaissance ou même l’admiration d’une cour dont on deviendrait dépendant ? Le besoin de réussir ou de briller en société ne serait-il finalement que l’expression d’un vide intérieur que l’on chercherait à combler ? Une espèce de drogue de substitution à une paisible estime de soi, qui peut même conduire à prendre ombrage du succès d’autrui. La course à la réussite devient alors concurrence envieuse.

Certes, tout cela arrive. Et si tel est le cas, nous constatons rapidement que cette course au succès sur fond de jalousie ou de besoin d’exister ne rend pas heureux. Pas plus que notre entourage, souvent.

Alors finalement, qu’en est-il : le succès est-il positif et mérite-t-il d’être recherché ou au contraire est-il un piège qui pollue les relations sociales et dont il faut se prémunir ?

Ne peut-on répondre à la question en s’interrogeant simplement sur le réel mobile des actes que nous posons ou de notre métier ?

Si nous visons le succès pour le succès, par besoin de nous faire valoir, nous pouvons certainement nous interroger sur cette course à la réussite : de quoi manquons-nous à ce point, que nous nous laissions entrainer dans cette lutte aussi vaine qu’épuisante ?

Par contre, si quelqu’un cherche à donner la pleine mesure de ce qu’il est, en vue d’apporter à autrui et à la société le maximum de ce qu’il peut leur donner, j’espère de tout cœur qu’une telle personne, une telle entreprise auront beaucoup de succès. Un succès qui d’ailleurs, loin d’appauvrir, enrichit plutôt ceux qui les côtoient.

Ne soyons donc pas trop sévères à l’égard du succès : la recherche de la réussite bien orientée n’est-elle pas une promesse de croissance pour tous ?

 

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